La marque française d’électroménager Brandt fête ses 100 ans d’existence en 2024. Rachetée par le groupe algérien Cevital en 2014, l’entreprise connaît un renouveau remarquable, alliant production en France et en Algérie. Cette collaboration franco-algérienne illustre un modèle économique innovant de colocalisation.
Un centenaire synonyme de renaissance pour Brandt
Fondée en 1924 par Edgar Brandt, la marque Brandt vient de célébrer son centième anniversaire sur son site de production d’Orléans. Cette usine, qui s’étend sur 55 000 mètres carrés, emploie actuellement 350 personnes et produit quotidiennement 500 tables à cuisson et 500 fours. Un succès d’autant plus remarquable que l’entreprise était au bord de la faillite il y a une décennie.
Le sauvetage de Brandt est intervenu en 2014, lorsque le groupe algérien Cevital a racheté la marque suite à la faillite de son précédent propriétaire espagnol Fagor. Cette acquisition s’inscrivait dans une stratégie de colocalisation, un concept promu par Arnaud Montebourg, alors ministre français du redressement productif.
La colocalisation : un modèle gagnant-gagnant pour la France et l’Algérie
Le rachat par Cevital a permis de sauvegarder les usines françaises de Brandt à Orléans et Vendôme, préservant ainsi 1200 emplois. Parallèlement, le groupe a investi massivement en Algérie, ouvrant un complexe industriel de 95 000 m² à Sétif, capable de produire jusqu’à 500 000 appareils par an. Plus récemment, en janvier 2024, une nouvelle usine de 25 000 m² dédiée à la production de lave-vaisselle a été inaugurée, toujours à Sétif.
Cette stratégie de développement a porté ses fruits. En France, Brandt affiche un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros et se développe à l’international. En Algérie, la production d’appareils Brandt atteint un taux d’intégration de 70%, avec l’ambition de devenir le premier exportateur d’électroménager vers l’Europe et la région MENA.
L’innovation au cœur de la stratégie de Brandt
Tout au long de son histoire, Brandt s’est distingué par ses innovations dans le domaine de l’électroménager. La marque a notamment révolutionné le monde de la cuisson en inventant la pyrolyse et les premières tables à induction. Aujourd’hui, Brandt continue d’innover pour proposer des appareils intuitifs et fiables, améliorant le confort et la qualité de vie des consommateurs.
Cette culture de l’innovation se reflète également dans d’autres secteurs en Algérie. Par exemple, IRIS Algérie a récemment dévoilé une nouvelle collection de téléviseurs Google TV, illustrant le dynamisme du secteur électronique dans le pays.
Perspectives d’avenir pour Brandt et Cevital
Fort de ce succès, le groupe Brandt-Cevital ambitionne de doubler son chiffre d’affaires à l’étranger d’ici trois ans. L’entreprise mise sur son savoir-faire Made in France tout en bénéficiant des avantages de sa production en Algérie pour conquérir de nouveaux marchés.
Cette réussite s’inscrit dans un contexte plus large d’innovations et d’investissements en Algérie. On peut citer par exemple les 30 nouvelles innovations brevetées par Sonatrach, ou encore les avancées dans le secteur agricole présentées lors du Salon de l’Agriculture Algérienne.
Un modèle de coopération économique franco-algérienne
Le cas Brandt-Cevital démontre qu’un partenariat mutuellement bénéfique entre la France et l’Algérie est non seulement possible, mais également fructueux. Cette alliance économique entre les deux rives de la Méditerranée a donné une nouvelle impulsion à l’entreprise, tout en créant des emplois et en stimulant l’innovation dans les deux pays.
Arnaud Montebourg, présent lors de la célébration du centenaire de Brandt, a souligné l’importance de cette réussite : « J’ai vu des sourires sur les visages des salariés. C’est une réussite, il faut donner de la valeur au made in France ». Il a également appelé à poursuivre et amplifier ces projets de colocalisation, estimant qu’ils représentent l’avenir des relations économiques franco-algériennes.
Ce modèle de coopération pourrait inspirer d’autres secteurs, comme l’industrie automobile. En effet, on observe déjà des innovations dans la fabrication des voitures Fiat en Algérie, illustrant le potentiel de telles collaborations.
