Un membre du conseil municipal de la commune de Kalitous, en Algérie, est actuellement poursuivi en justice pour des accusations graves de détournement de fonds publics et d’abus de fonction. Le tribunal d’El Harrach a inculpé l’élu, identifié par les initiales « E.A. », pour utilisation abusive de véhicules municipaux, y compris une ambulance, à des fins personnelles, causant leur détérioration.
Détails des accusations portées contre l’élu municipal
L’affaire a été déclenchée suite à une plainte déposée par le président de la commission chargée des affaires sociales, sportives et culturelles de la municipalité de Kalitous. Le plaignant accuse le membre du conseil municipal « E.A. » d’avoir abusé de sa position en utilisant sans autorisation des véhicules appartenant à l’État et mis à la disposition des élus municipaux pour un usage personnel. Cette utilisation abusive aurait entraîné la mise hors service définitive de deux véhicules, une Fiat et une Hyundai, ainsi que d’une ambulance.
Selon les procédures habituelles, l’utilisation de ces véhicules devrait se faire de manière indirecte, avec un chauffeur désigné pour transporter les élus dans le cadre de leurs fonctions officielles au sein de la municipalité ou de la wilaya. Un témoin présent lors du procès a confirmé qu’une commission d’enquête avait inspecté le parc automobile et constaté que tous les véhicules de service étaient en panne.
La défense de l’accusé et les implications politiques
Lors de son procès, l’accusé « E.A. » a nié toutes les accusations portées contre lui. Il affirme que cette affaire est une manœuvre malveillante orchestrée par le plaignant pour l’empêcher de se présenter aux prochaines élections locales. L’élu souligne qu’il a servi comme conseiller municipal pendant trois mandats consécutifs et met en avant son bilan positif dans le développement continu de la municipalité de Kalitous.
Concernant l’utilisation des véhicules municipaux, l’accusé maintient qu’il les a utilisés avec des ordres de mission signés par le maire, dans le cadre de tâches officielles au sein de la municipalité ou de la wilaya. Il admet avoir utilisé une ambulance pour se rendre à la wilaya à une occasion, mais affirme avoir réparé deux véhicules qui étaient tombés en panne pendant leur utilisation.
Réquisitions du procureur et implications pour la lutte contre la corruption
Le procureur de la République a requis une peine de 3 ans de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 dinars algériens. L’accusé, quant à lui, plaide non coupable et demande l’acquittement. Il affirme que ses efforts pour lutter contre la corruption dans la municipalité, notamment en signalant l’exploitation illégale d’installations sportives, sont à l’origine de ses problèmes juridiques actuels.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre la corruption en Algérie. Récemment, d’autres cas impliquant des responsables locaux ont fait l’actualité, comme la demande de deux ans de prison contre un ancien directeur de résidence universitaire ou encore le détournement de fonds par un agent de la force publique pour acquérir des véhicules de luxe.
