La Cour des Comptes algérienne a récemment publié un rapport détaillé sur l’industrie laitière du pays. Ce document révèle que l’Algérie a investi plus de 25 milliards de dollars dans ce secteur entre 2009 et 2023. Malgré ces efforts considérables, le pays reste fortement dépendant des importations pour satisfaire sa demande en produits laitiers.
Un investissement massif pour développer la filière laitière
Selon le rapport de la Cour des Comptes, l’Algérie a consacré des sommes importantes au développement de son industrie laitière au cours des 14 dernières années. Plus précisément, le pays a dépensé plus de 20 milliards de dollars pour l’importation de poudre de lait et de lait infantile entre 2009 et 2023. En parallèle, l’État a accordé près de 800 milliards de dinars algériens (environ 6 milliards de dollars) en soutien financier direct à la filière sur la même période.
Ces investissements s’inscrivent dans une stratégie nationale visant à augmenter la consommation de lait par habitant et à atteindre l’autosuffisance dans ce domaine. L’objectif était notamment d’arriver à un ratio équilibré entre les protéines animales et végétales dans l’alimentation des Algériens.
Des résultats mitigés malgré les efforts déployés
Malgré l’ampleur des moyens mis en œuvre, les résultats obtenus sont jugés mitigés par la Cour des Comptes. Le rapport souligne que le marché laitier algérien reste dépendant à 60% des importations pour la matière première. Ce taux atteindrait même 85% si l’on prend en compte les autres intrants importés.
La consommation annuelle de lait par habitant est certes passée de 35 litres en 1968 à 140 litres en 2023, mais cela s’est fait au prix d’une forte dépendance aux importations. Le soutien financier accordé par l’État a paradoxalement favorisé la consommation de lait importé au détriment de la production nationale.
Les défis à relever pour atteindre l’autosuffisance
Pour parvenir à une autosuffisance de 80%, la Cour des Comptes estime qu’il faudrait augmenter la production laitière de 2 milliards de litres par an. Cela nécessiterait un cheptel supplémentaire de 600 000 bovins, dont 334 000 vaches laitières, ainsi que 200 000 hectares de terres agricoles irriguées.
Le rapport préconise également plusieurs mesures pour améliorer l’efficacité de la filière :
- Renforcer les contrôles sur l’utilisation de la poudre de lait importée et du lait cru local
- Réorienter le soutien financier vers la consommation de lait cru local plutôt que vers la poudre de lait importée
- Mettre en place un prix minimum garanti pour les producteurs locaux
- Développer une race bovine locale mieux adaptée aux conditions du pays
Vers une remise en question de la stratégie actuelle ?
Le rapport de la Cour des Comptes soulève des questions sur la pertinence de la stratégie suivie depuis les années 1970. L’objectif d’atteindre une parité entre protéines animales et végétales dans l’alimentation des Algériens pourrait être remis en cause, au profit d’une approche plus diversifiée et adaptée aux connaissances nutritionnelles actuelles.
Ce bilan de l’industrie laitière algérienne invite à une réflexion approfondie sur les moyens de mobiliser efficacement les ressources locales pour répondre aux besoins alimentaires de la population. Il souligne la nécessité d’une approche globale, prenant en compte les aspects économiques, agricoles et nutritionnels.
Pour plus d’informations sur les enjeux économiques en Algérie, vous pouvez consulter notre article détaillé sur l’analyse de l’industrie laitière algérienne. Par ailleurs, si vous vous intéressez à l’actualité sportive du pays, ne manquez pas notre analyse des scénarios possibles pour l’Algérie à la CAN 2025.
