La célébration de Yennayer, le Nouvel An amazigh, gagne en popularité à travers l’Algérie. Officialisée comme fête nationale en 2017, cette tradition ancestrale est désormais célébrée avec une ferveur croissante dans tout le pays. L’engouement pour Yennayer témoigne de l’attachement des Algériens à leur héritage culturel berbère.
Une célébration nationale d’envergure
Le 12 janvier 2024, l’Algérie a célébré le Nouvel An amazigh 2975 avec un enthousiasme sans précédent. D’Alger à Timimoun, en passant par Bejaia, Tlemcen, et même jusqu’à Montréal, les festivités ont pris une ampleur remarquable. Des parades de rue, des chants et danses populaires, des expositions et des festins ont animé les villes et villages à travers le pays.
À Alger, la mairie a organisé une grande « table de Yennayer » suivie d’un gala musical, attirant de nombreuses familles et enfants vêtus de tenues traditionnelles berbères. Les célébrations à Alger ont été particulièrement symboliques, incarnant le partage et l’unité autour de cette tradition.
Timimoun : épicentre des célébrations officielles
Cette année, Timimoun a été choisie pour accueillir la célébration officielle sous le haut patronage de la présidence de la République. L’événement a revêtu un caractère particulier avec une parade de la garde républicaine, de la protection civile et des représentants de nombreuses associations venues de plusieurs wilayas. La scénographie riche en couleurs a attiré une foule nombreuse, marquant l’importance nationale de cette fête.
Un engouement croissant
L’officialisation de Yennayer comme fête nationale a contribué à briser certains tabous et à populariser cette célébration auparavant confinée à l’intimité familiale ou à certaines régions. Si El Hachemi Assad, secrétaire général du Haut-Commissariat à l’Amazighité, a exprimé sa fierté de voir le pays célébrer Yennayer « sans tabou et avec un élan populaire remarquable » couvrant l’ensemble du territoire national.
Une reconnaissance institutionnelle
La reconnaissance de Yennayer s’est également manifestée au niveau institutionnel. La Présidence de la République, la Police, et même la Fédération Algérienne de Football ont exprimé leurs vœux aux Algériens à l’occasion du Nouvel An berbère. Cette adhésion témoigne de l’attachement des Algériens à un des repères de leur identité, fruit d’une lutte menée par une génération de militants.
Dans le cadre de cette reconnaissance, un timbre postal a été lancé à l’occasion de la cinquième édition du Prix du Président de la République pour la littérature et la langue amazighe, soulignant l’importance accordée à la culture berbère.
Un jour férié célébré
Depuis 2018, Yennayer est reconnu comme jour férié et chômé en Algérie. Cette année encore, le dimanche 14 janvier a été déclaré jour férié rémunéré, permettant aux Algériens de célébrer pleinement cette fête traditionnelle. Cette décision s’inscrit dans le calendrier des jours fériés en Algérie, renforçant la place de Yennayer dans les célébrations nationales.
Défis et perspectives
Malgré la popularité croissante de Yennayer, des défis persistent, notamment concernant la généralisation de l’enseignement de la langue Tamazight. Si El Hachemi Assad reconnaît l’existence de « facteurs extra-scolaires » et de « visions politiques et idéologiques » qui entravent parfois la promotion de la langue berbère.
Néanmoins, la célébration de plus en plus répandue de Yennayer représente une étape importante dans le renforcement de la cohésion nationale et la reconnaissance de la diversité culturelle algérienne. Elle contribue à réconcilier les Algériens avec leur identité millénaire, riche de sa diversité.
