Une fillette algérienne de 8 ans, Azat Kerzouzi, risque l’amputation de sa jambe suite à un refus de visa pour la France. Originaire de Chlef, elle devait subir une intervention chirurgicale cruciale à Montpellier le 28 janvier 2025. Malgré l’urgence médicale, le consulat français à Oran a rejeté sa demande de visa, compromettant gravement son opération et sa santé.
Une opération vitale compromise par un refus administratif
Azat Kerzouzi souffre d’une malformation congénitale de la jambe et du pied gauche. En 2018, alors âgée de 2 ans, elle avait déjà bénéficié d’une opération réussie au CHU de Montpellier, grâce au soutien de l’association « Espoir pour un enfant ». Cependant, sa croissance nécessite aujourd’hui une seconde intervention, considérée comme sa dernière chance d’éviter l’amputation.
Malheureusement, le consulat français à Oran a refusé la demande de visa de la fillette, invoquant que « les informations communiquées pour justifier l’objet et les conditions du séjour envisagés ne sont pas fiables ». Cette décision administrative met en péril l’opération prévue pour le 28 janvier 2025 à Montpellier.
Une situation dramatique aux conséquences potentiellement irréversibles
Marie-Annick Boiteux, membre de l’association et famille d’accueil d’Azat lors de sa première opération, exprime son incompréhension face à ce refus. Elle souligne l’urgence de la situation : « Elle a 8 ans, elle souffre et se retrouve victime d’une situation politique pour des raisons qui la dépassent ». Sans cette intervention, Azat risque de perdre sa jambe.
L’association « Espoir pour un enfant » se mobilise activement pour tenter de faire fléchir les autorités françaises. Cependant, le temps presse et chaque jour qui passe compromet davantage les chances de la petite Azat de conserver sa jambe.
Un appel à l’humanité face aux tensions diplomatiques
Cette situation dramatique s’inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques entre l’Algérie et la France, qui ont des répercussions concrètes sur la vie de nombreux citoyens. Le cas d’Azat Kerzouzi illustre les conséquences parfois dramatiques de ces tensions sur des situations médicales urgentes.
Marie-Annick Boiteux lance un appel poignant aux autorités françaises : « Bien que toutes nos démarches soient restées vaines, je veux encore croire que mon appel au secours et à l’humanité de ceux qui gouvernent soit entendu, mais le temps presse ».
Un contexte plus large de difficultés liées aux visas
Le cas d’Azat Kerzouzi n’est malheureusement pas isolé. De nombreux Algériens font face à des difficultés croissantes pour obtenir des visas pour la France. Récemment, le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé la fin de l’accord de 2013 sur les visas entre la France et l’Algérie, ce qui pourrait encore compliquer la situation.
Par ailleurs, l’Italie a récemment décidé de renforcer les normes biométriques pour l’obtention des visas Schengen, une mesure qui pourrait avoir des répercussions sur les demandeurs algériens.
Des initiatives pour faciliter les déplacements
Face à ces difficultés, certaines initiatives visent à faciliter les déplacements. L’Algérie a récemment assoupli les conditions d’entrée pour ses citoyens détenteurs de passeports étrangers, leur permettant d’accéder au pays sans visa. Cette mesure, bien qu’elle ne concerne pas directement les déplacements vers la France, témoigne d’une volonté de faciliter la mobilité des Algériens.
Le cas d’Azat Kerzouzi met en lumière l’urgence de trouver des solutions humanitaires, notamment pour les cas médicaux graves, au-delà des considérations diplomatiques et administratives.
