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Pénurie de moutons au Maroc : une crise liée à l’agriculture en mutation

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Le Maroc fait face à une crise majeure dans son secteur d’élevage ovin, avec une perte de 38% du cheptel entre 2016 et 2025. Cette situation critique, marquée par une forte hausse des prix de la viande, soulève des inquiétudes concernant la célébration de l’Aïd-el-Kebir 2025. La sécheresse persistante et un modèle agricole tourné vers l’export sont au cœur de cette problématique.

Une chute drastique du cheptel national

Selon les déclarations du ministre marocain de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, le pays connaît une diminution alarmante de son cheptel ovin. Cette baisse significative s’accompagne d’une flambée des prix, la viande de mouton ayant vu son prix tripler, passant de 45 à 150 dirhams. Face à cette situation, la possibilité d’annuler le sacrifice de l’Aïd-el-Adha 2025 a même été évoquée au Parlement marocain.

Les causes multiples d’une crise profonde

La sécheresse apparaît comme le principal facteur de cette crise, accompagnée du surpâturage et d’un modèle agricole privilégiant les cultures d’exportation. La régression des surfaces fourragères contraint les éleveurs à recourir aux aliments du bétail, engendrant des coûts supplémentaires significatifs.

Des solutions d’urgence mises en place

Pour faire face à cette situation, le gouvernement marocain a mis en place plusieurs mesures, notamment des subventions pour l’importation de moutons. Des négociations sont en cours pour l’importation de 100.000 têtes depuis l’Australie. Le pays a également expérimenté l’importation de moutons espagnols de race mérinos, vendus directement aux consommateurs.

Impact sur les pratiques agricoles

De nouvelles approches sont testées pour améliorer la situation, comme la technique de l’alley-croping et les croisements industriels entre béliers mérinos et brebis locales. Un programme global de soutien au secteur de la production animale a été annoncé, incluant des mesures d’identification des animaux destinés à l’engraissement.

Remise en question du modèle agricole

L’agro-économiste Larbi Zagdouni souligne que la crise actuelle révèle les limites du modèle agricole marocain, notamment concernant la gestion de l’eau. L’accent mis sur les cultures d’exportation, comme la tomate dont la production nécessite d’importantes ressources hydriques, contribue à fragiliser le secteur de l’élevage traditionnel.

Adaptation des pratiques de consommation

Face à cette situation, certains ménages marocains se tournent vers des alternatives plus abordables, notamment l’achat de chèvres pour l’Aïd, dont les prix représentent environ la moitié de ceux des moutons. Ces adaptations témoignent d’une évolution forcée des pratiques traditionnelles face aux contraintes économiques et environnementales.

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