Le parquet général français a requis la non-extradition de l’ancien ministre algérien Abdeslam Bouchouareb devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence ce mercredi 5 mars. Cette position s’appuie notamment sur l’état de santé critique de l’ex-ministre et des préoccupations concernant les conditions de détention.
Le parquet général français émet des réserves sur l’extradition
Face aux six demandes d’extradition formulées par l’Algérie en 18 mois, le parquet général français a exprimé des réserves significatives. L’avocat général Raphaël Sanesi de Gentile a souligné que l’état de santé précaire de M. Bouchouareb pourrait se détériorer rapidement en cas d’extradition.
Les conditions de détention au cœur du débat
Les autorités algériennes ont proposé l’incarcération de l’ancien ministre à la prison d’El Harrach, dans des salles spacieuses de 120 à 145 m². Cependant, l’avocat général a émis des doutes sur la compatibilité de ces conditions avec l’état de santé de M. Bouchouareb, âgé de 72 ans.
Une décision attendue le 19 mars
La chambre d’instruction rendra sa décision finale le 19 mars prochain. Si elle suit l’avis du parquet général, cette décision mettra un terme définitif à la procédure d’extradition. Me Anne-Sophie Partaix, représentant l’Algérie, a rappelé que les autorités algériennes avaient fourni toutes les garanties nécessaires le 13 février.
Les condamnations en Algérie
Abdeslam Bouchouareb, ancien ministre de l’Industrie entre 2014 et 2017, fait l’objet de cinq condamnations à 20 ans de prison pour corruption durant son mandat ministériel. Un sixième dossier pour des accusations similaires est également en cours. Lors de l’audience, visiblement affaibli, il s’est défendu en déclarant : « Je ne suis pas un voleur, mais un grand industriel anti-islamiste ».
