L’avocat algérien Khaled Bourayou, figure emblématique du barreau et défenseur infatigable de la liberté de la presse, s’est éteint le samedi 28 décembre à l’âge de 76 ans. Connu pour son engagement en faveur des droits de l’homme et son combat pour l’indépendance de la justice, Me Bourayou laisse derrière lui un héritage remarquable dans le domaine juridique en Algérie.
Un parcours marqué par la défense des libertés
Khaled Bourayou s’est illustré tout au long de sa carrière par son engagement sans faille pour la liberté d’expression et les droits de la défense. Originaire de la région de Skikda, il a forgé ses convictions au fil d’un parcours marqué par les épreuves, notamment durant la période de la Révolution algérienne.
Dès l’émergence de la presse indépendante dans les années 1990, Me Bourayou s’est fait un devoir d’accompagner et de défendre les journaux et journalistes confrontés à des poursuites judiciaires. Son implication, souvent bénévole, dans ces affaires lui a valu une réputation de protecteur des médias.
Des plaidoiries mémorables
L’avocat s’est distingué par ses plaidoiries percutantes dans plusieurs procès retentissants. On se souvient notamment de sa défense des journaux « El Watan » et « El Khabar » face à l’ancien général Mohamed Betchine, ou encore de son engagement pour le quotidien « Liberté » dans des affaires liées à des caricatures.
Me Bourayou a également marqué les esprits lors du procès « Khalifa » en 2007, qu’il qualifia de « procès spectacle ». Sa participation à la défense de personnalités comme le général Benhadid ou l’ex-candidat à la présidentielle Ali Ghediri a contribué à asseoir sa réputation d’avocat engagé.
Un combat pour l’indépendance de la justice
Tout au long de sa carrière, Khaled Bourayou n’a cessé de plaider pour une réforme en profondeur du système judiciaire algérien. Il déplorait l’existence d’un « fossé énorme entre le pouvoir et les droits de la défense » et militait pour une véritable indépendance de la justice.
Son constat était sans appel : la justice en Algérie restait « malade » et nécessitait une refonte pour garantir son impartialité. Il appelait également ses confrères avocats à être plus vigilants et proactifs dans la défense des libertés fondamentales.
Un héritage juridique et humaniste
La disparition de Me Khaled Bourayou laisse un vide immense dans le paysage juridique algérien. Son engagement indéfectible pour les libertés fondamentales et sa conviction que « l’Algérie n’a d’avenir que dans les libertés » resteront comme un héritage précieux pour les futures générations d’avocats et de défenseurs des droits.
Inhumé au cimetière de Garidi à Alger en présence d’une foule nombreuse, Khaled Bourayou laisse le souvenir d’un homme de conviction, dont la voix grave et la carrure imposante incarnaient la force de ses idéaux. Le barreau d’Alger perd ainsi l’un de ses membres les plus éminents et respectés.
