Lors d’une récente réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, l’Algérie a appelé à la mise en place d’un cadre contraignant pour encadrer l’usage militaire de l’intelligence artificielle. Le représentant algérien a souligné l’importance de prévenir les abus tout en promouvant une utilisation responsable de cette technologie émergente.
Un appel à un cadre juridique international
L’ambassadeur algérien auprès des Nations Unies, Amar Bendjama, a plaidé jeudi à New York pour l’établissement d’un cadre contraignant visant à prévenir l’utilisation abusive de l’intelligence artificielle militaire en violation du droit international et du droit humanitaire. Lors d’une séance d’information de haut niveau du Conseil de sécurité sur l’intelligence artificielle, il a déclaré que « le moment est venu de mettre en place un cadre contraignant pour empêcher l’utilisation abusive de l’IA militaire en violation du droit international et du droit international humanitaire ».
M. Bendjama a insisté sur le fait que le droit international n’est pas facultatif dans ce nouveau domaine. Selon lui, la Charte des Nations Unies, les principes de l’action humanitaire et les droits de l’homme ne sont pas de simples suggestions, mais demeurent le fondement de toute application militaire de l’IA.
L’Algérie prône une approche équilibrée
Le diplomate algérien a mis en avant la nécessité d’une approche équilibrée entre souveraineté nationale et coopération internationale dans le développement de l’IA. Il a appelé à la création de mécanismes périodiques inclusifs pour l’expertise en matière de sécurité de l’IA, où les pays en développement seraient des participants égaux dans la construction de l’avenir.
M. Bendjama a également souligné l’importance de programmes de renforcement des capacités ciblés en matière d’IA, arguant que « la connaissance n’est pas seulement le pouvoir, c’est la survie ». Il a en outre plaidé pour des protocoles transparents pour la sécurité de l’IA, affirmant que « à l’ère du numérique, la transparence n’est pas une option ».
Les initiatives de l’Algérie en matière d’IA
L’ambassadeur a mis en lumière les initiatives stratégiques de l’Algérie pour relever les défis de l’IA. Il a notamment évoqué la stratégie nationale de recherche et d’innovation en IA 2020-2030, qui fournit un cadre global pour le développement d’une IA responsable, soutenue par le Conseil scientifique national sur l’IA et des institutions d’enseignement spécialisées.
M. Bendjama a également mentionné que l’Algérie a récemment accueilli la troisième Conférence africaine des startups, réunissant plus de 500 startups de 50 pays africains. Cet événement a démontré l’engagement du continent envers des systèmes d’IA répondant aux besoins des populations tout en respectant les impératifs de sécurité.
Vers une régulation mondiale de l’IA militaire
L’intervention de l’Algérie s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations internationales concernant l’utilisation militaire de l’IA. De nombreux pays et experts appellent à une régulation mondiale pour encadrer le développement et l’utilisation de ces technologies émergentes dans le domaine militaire.
Le plaidoyer de l’Algérie pour un cadre contraignant reflète une volonté de prévenir les potentiels abus tout en promouvant une utilisation responsable et éthique de l’IA dans le domaine de la sécurité. Cette position s’aligne avec les efforts internationaux visant à garantir que l’IA reste une force au service de la paix et du développement, plutôt qu’une source de nouvelles menaces pour la sécurité mondiale.
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