Le député Belkhir Belhaddad, élu de la Moselle d’origine algérienne, a annoncé sa démission du groupe parlementaire Ensemble pour la République (EPR) suite à l’adoption d’une réforme du droit du sol à Mayotte. Cette décision intervient dans un contexte de tensions au sein du camp présidentiel concernant la remise en cause du droit du sol en France.
Une démission fracassante suite à la réforme du droit du sol
La réforme adoptée le 6 février par l’Assemblée nationale impose désormais que les parents résident depuis au moins trois ans à Mayotte pour que leur enfant né sur l’archipel puisse obtenir automatiquement la nationalité française. Cette modification législative a provoqué de vives réactions au sein de la majorité présidentielle.
Le député Belkhir Belhaddad, membre de l’aile gauche du mouvement macroniste, a publiquement exprimé son désaccord avec cette orientation politique. Sur France Info, il a dénoncé ce qu’il considère comme « une entrée dans la rhétorique et la sémantique du Rassemblement national », refusant un débat qui, selon lui, enferme la discussion « dans le rejet des autres ».
Un parcours politique marqué par l’engagement républicain
Né à Timgad en Algérie en 1969, Belkhir Belhaddad est arrivé en France à l’âge de 7 ans. Son parcours politique l’a mené du Parti socialiste, qu’il a rejoint en 2006, au mouvement En Marche d’Emmanuel Macron en 2017, année de sa première élection comme député de Moselle. Réélu en 2022, il dirige également l’entreprise Gem Energy et l’association Cap avenir diversité.
Des divisions au sein du camp présidentiel
Cette démission révèle des tensions profondes au sein de la majorité présidentielle sur la question du droit du sol. Alors que certains membres du gouvernement, comme le ministre de l’Intérieur, soutiennent l’ouverture d’un débat sur ce sujet, d’autres, à l’image de la ministre de l’Éducation Élisabeth Borne, s’opposent à une modification constitutionnelle.
Cette situation intervient dans un contexte où l’activité parlementaire reste intense sur de nombreux sujets sociétaux. Par ailleurs, les relations franco-algériennes continuent d’évoluer sur différents plans, notamment économique et diplomatique.

