Une nouvelle émission télévisée diffusée sur la chaîne El Hayat TV en Algérie suscite une vive controverse depuis la diffusion du 7e épisode le 18 décembre. Le programme social intitulé « Hayat Jadida » (Une nouvelle vie), animé par le journaliste Hicham Bougouffa, est accusé de manquer de respect envers un invité, provoquant l’indignation des téléspectateurs et des internautes algériens.
Une émission qui divise l’opinion publique
« Hayat Jadida » est une émission hebdomadaire qui a pour concept de réunir deux personnes séparées par un rideau. L’invitant demande à la production de contacter une personne pour lui faire une déclaration, puis l’invité décide s’il souhaite ouvrir le rideau et rencontrer l’invitant. Cependant, le 7e épisode a suscité une polémique en raison du comportement du présentateur envers son invité prénommé Amine.
Les accusations portent notamment sur des moqueries présumées concernant la tenue vestimentaire et la danse de l’invité. Cette controverse a rapidement pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, poussant le présentateur à s’expliquer et un député à réagir officiellement.
Réaction officielle et appel à l’intervention du ministre
Le député Mohamed Hani a adressé une lettre au ministre de la Communication pour dénoncer ce qu’il considère comme des « programmes télévisés à connotation sociale qui ont conduit à la médiocrité et à la diffamation des citoyens ». Il a qualifié le comportement du présentateur d' »inacceptable » et a appelé à une intervention rapide pour « limiter ces agissements qui portent atteinte à la dignité, aux traditions et à l’honneur » des Algériens.
Cette affaire est devenue une « question d’opinion publique » selon le député, qui souligne également les potentiels « dommages psychologiques » subis par l’invité suite à cet épisode.
Le présentateur se défend et s’explique
Face à la controverse, Hicham Bougouffa a publié une vidéo sur ses réseaux sociaux pour s’expliquer. Il affirme n’avoir jamais eu l’intention de rabaisser ou de se moquer de qui que ce soit, soulignant que son émission est « justement dédiée aux personnes faibles qui n’arrivent pas à se faire entendre ».
Le présentateur assure qu’il y avait une bonne ambiance avant, pendant et après l’émission. Il explique que ses plaisanteries visaient à mettre l’invité à l’aise et en confiance, une pratique qu’il dit appliquer avec tous ses invités. Bougouffa insiste sur le fait qu’il ne pourrait jamais s’abaisser à se moquer réellement de quelqu’un.
Un débat plus large sur les émissions télévisées en Algérie
Cette controverse s’inscrit dans un contexte plus large de débat sur le contenu des émissions télévisées en Algérie. En mars dernier, l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) avait déjà rappelé à l’ordre les chaînes TV concernant le respect de la sacralité du Ramadan et la diffusion excessive de publicités.
Ce type d’incident soulève des questions sur la responsabilité des médias et le respect de la dignité des participants aux émissions télévisées. Il met également en lumière le pouvoir grandissant des réseaux sociaux dans la formation de l’opinion publique en Algérie.
Cette affaire rappelle d’autres débats médiatiques qui ont eu lieu récemment dans le pays, comme la controverse autour de l’utilisation de « Yacine TV » dans l’arbitrage du football, qui a également suscité des discussions sur la légalité et l’éthique dans les médias sportifs.
Alors que le débat se poursuit, il est clair que cette émission a réussi à captiver l’attention du public et à soulever des questions importantes sur le rôle et la responsabilité des médias dans la société algérienne contemporaine.

