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Algérie : Les espèces prohibées dans les transactions à partir de 2025

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L’Algérie franchit une nouvelle étape dans sa lutte contre l’économie informelle et le blanchiment d’argent. À partir de 2025, l’utilisation d’espèces sera interdite pour certaines transactions importantes, notamment dans l’immobilier et l’automobile. Cette mesure, inscrite dans la loi de finances 2025, vise à favoriser la bancarisation de l’économie algérienne.

Quelles transactions seront concernées par l’interdiction des espèces ?

La loi de finances 2025, publiée au Journal officiel le 29 décembre, précise les transactions qui devront désormais être réglées par des moyens autres que l’espèce, à travers les circuits bancaires et financiers :

  • Les transactions immobilières (biens bâtis et non-bâtis)
  • Les ventes de véhicules, engins et équipements industriels par les concessionnaires et distributeurs
  • Les achats de yachts et bateaux de plaisance
  • Les polices d’assurance obligatoires

Cette mesure entre en vigueur dès la publication de la loi, bien que les modalités d’application précises restent à définir par voie réglementaire.

Objectifs de la mesure : lutter contre l’économie informelle et le blanchiment d’argent

L’interdiction du paiement en espèces pour ces transactions vise clairement à combattre le blanchiment d’argent, les flux financiers illégaux et l’évasion fiscale. Les secteurs ciblés, particulièrement l’immobilier et l’automobile, sont souvent utilisés pour rendre licite l’argent provenant de l’économie informelle ou d’origines douteuses.

Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de l’Algérie de formaliser son économie et d’améliorer la traçabilité des transactions financières importantes.

Défis et implications pour les secteurs concernés

Bien que cette mesure soit considérée comme bénéfique à long terme, elle soulève des inquiétudes quant à son impact immédiat sur les secteurs concernés :

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Le marché immobilier

Les promoteurs et agents immobiliers craignent une aggravation de la crise du marché immobilier algérien. Les acheteurs, y compris les Algériens résidant à l’étranger, devront désormais passer par les banques pour leurs acquisitions, ce qui implique une traçabilité accrue des fonds.

Le secteur automobile

Les concessionnaires et distributeurs de véhicules devront s’adapter à ces nouvelles modalités de paiement, ce qui pourrait affecter leurs ventes à court terme.

Les assurances

L’assurance automobile obligatoire, qui concerne un large public, devra également se conformer à ces nouvelles règles, ce qui pourrait poser des défis logistiques.

Vers une généralisation du paiement électronique

Cette mesure s’inscrit dans un contexte où l’Algérie cherche à promouvoir le paiement électronique. Cependant, malgré la circulation de millions de cartes bancaires et postales, l’adoption du paiement électronique reste limitée. En août 2024, on ne comptait que 58 000 terminaux de paiement électronique (TPE) pour plus d’un million de commerçants.

L’interdiction des espèces pour ces transactions importantes pourrait accélérer l’adoption de moyens de paiement alternatifs et contribuer à la modernisation du système financier algérien. Cependant, cela nécessitera un effort important d’équipement et de formation pour que tous les acteurs concernés puissent s’adapter à ces nouvelles pratiques.

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