La montée des tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie s’accompagne d’une vague d’algérophobie de plus en plus marquée dans l’Hexagone. Les récents événements, notamment l’affaire Boualem Sansal et celle des influenceurs algériens, ont exacerbé ce phénomène inquiétant qui se propage dans certaines sphères politiques françaises.
L’extrême-droite française au cœur des tensions diplomatiques
Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau est devenu l’une des figures de proue d’un discours hostile envers l’Algérie. Malgré les recadrages du ministre des Affaires étrangères et de la porte-parole du gouvernement, il persiste dans sa rhétorique et continue d’appeler à la dénonciation de l’accord de 1968 sur l’immigration.
L’immigration algérienne est devenue un point de fixation pour certains courants politiques, bien qu’elle ne soit ni plus importante ni plus problématique que celle d’autres pays. Un sondage Ifop pour Sud Radio révèle que 71% des Français ont une image négative des Algériens.
La Grande Mosquée de Paris dans la tourmente
La Grande Mosquée de Paris, institution historiquement liée à l’Algérie, se retrouve également ciblée. Des accusations concernant sa gestion et son rôle dans la certification halal ont émergé, conduisant à une enquête des services du ministère de l’Intérieur sur la compatibilité de ces activités avec la loi de 1905.
Des voix s’élèvent contre la stigmatisation
Le député Bastien Lachaud de La France Insoumise a dénoncé cette « surenchère politique et médiatique insensée » qui alimente les tensions diplomatiques. Il appelle à « s’opposer à ce déferlement de haine » et à « retrouver la voie d’une relation apaisée » entre les deux pays.
L’ancien diplomate algérien Abdelaziz Rahabi a quant à lui condamné une « algérophobie élevée au rang de raison d’État », pointant du doigt le « ton martial » et « souvent arrogant » des ministres français.
Des actes symboliques lourds de sens
Cette montée de l’algérophobie se traduit également par des actions concrètes, comme la décision du maire de Perpignan, Louis Aliot, de rompre le jumelage avec la ville algérienne de Mostaganem. Cette décision illustre la détérioration des relations franco-algériennes au niveau local.

