Des experts et médecins biologistes tirent la sonnette d’alarme concernant la réalisation d’analyses médicales dans des laboratoires ou pharmacies non spécialisés. Une situation préoccupante alors que 70 à 80% des décisions médicales sont basées sur les résultats d’analyses biologiques.
Des pratiques dangereuses qui se multiplient
Selon Adel Agoun, premier vice-président du Syndicat algérien des laboratoires d’analyses médicales, la biologie médicale est une spécialité médicale indépendante qui doit être pratiquée exclusivement par des médecins et pharmaciens spécialisés titulaires de diplômes en biologie médicale. La loi sur la santé de 2018 stipule clairement qu’un certificat d’études médicales spécialisées est obligatoire pour ouvrir un laboratoire d’analyses.
Un secteur infiltré par des non-professionnels
M. Agoun alerte sur l’émergence récente d’intervenants non qualifiés pratiquant des analyses médicales dans des pharmacies et centres de diagnostic dépourvus de médecins spécialistes. Cette situation s’est aggravée suite à un décret exécutif accordant d’importantes prérogatives à des biologistes fondamentaux sans formation en biologie médicale.
Un enjeu majeur pour la santé publique
Abdelhalim Chachoua, président de l’Association nationale des laboratoires d’analyses médicales, souligne que plus de 70% des diagnostics médicaux reposent sur les résultats d’analyses biologiques. Il déplore l’apparition croissante de pratiques non conformes dans les secteurs public et privé, malgré les alertes répétées aux autorités sur la gravité de la situation.
Un appel à la régulation du secteur
Les experts dénoncent l’absence d’une législation claire encadrant ce secteur et l’adoption de réglementations parfois contraires aux lois existantes, compromettant sérieusement le système de santé national. Certaines pratiques sont même considérées comme une menace pour la sécurité sanitaire nationale.

