Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a prononcé dimanche un discours important devant les deux chambres du Parlement au Palais des Nations à Alger. Dans cette allocution, il a abordé plusieurs sujets cruciaux pour l’avenir du pays, notamment le lancement d’un dialogue national, les perspectives économiques et les questions mémorielles liées à la période coloniale.
Un appel au dialogue national inclusif
Le président Tebboune a annoncé le lancement prochain d’un dialogue politique national, conformément à ses engagements. Il a souhaité que ce dialogue soit « profond et inclusif », soulignant qu’il vise à « renforcer les droits fondamentaux » et le front intérieur. Cette initiative s’inscrit dans la volonté affichée par le chef de l’État de consolider la démocratie et d’améliorer la gouvernance en Algérie.
Des perspectives économiques encourageantes
Sur le plan économique, le président a dressé un tableau optimiste de la situation du pays. Il a affirmé que « tous les indicateurs économiques et financiers de l’Algérie sont au vert », citant les rapports positifs d’institutions internationales comme la Banque mondiale et le FMI. Tebboune a mis en avant les progrès réalisés dans divers secteurs comme l’industrie, l’agriculture et l’énergie.
Le chef de l’État a notamment évoqué l’autosuffisance en électricité atteinte par l’Algérie, avec un excédent exportable de 12 000 mégawatts. Il a aussi annoncé une augmentation prévue de 53% du pouvoir d’achat au cours de son mandat actuel, grâce à l’accélération de la dynamique de production. Cette annonce significative témoigne de l’ambition du gouvernement d’améliorer les conditions de vie des Algériens.
L’importance de la mémoire collective
Une partie importante du discours a été consacrée aux questions mémorielles liées à la période coloniale. Le président Tebboune a réaffirmé l’attachement de l’Algérie à sa mémoire nationale et l’importance de préserver la dignité du pays. Il a appelé l’ancien colonisateur à reconnaître les crimes commis durant cette période, sans pour autant demander de réparations financières.
Dans ce contexte, le président a exprimé son souhait de voir érigée une statue monumentale de l’Émir Abdelkader à Paris, figure historique symbolisant la résistance algérienne. Cette proposition s’inscrit dans une volonté de reconnaissance mutuelle et de dialogue mémoriel entre l’Algérie et la France.
Un appel à l’investissement de la diaspora
Le président Tebboune a lancé un appel aux Algériens établis à l’étranger, les invitant à investir dans leur pays d’origine. Il a mis en avant les facilitations offertes par la nouvelle loi sur l’investissement, garantissant une stabilité législative dans ce domaine pour les dix prochaines années. Cette invitation à la diaspora s’inscrit dans la stratégie de diversification économique et de développement du pays.
La lutte contre la corruption réaffirmée
Le chef de l’État a réitéré sa détermination à poursuivre la lutte contre la corruption. Il a souligné les changements opérés dans le domaine de la justice pour rétablir la confiance des citoyens envers l’État et consacrer le principe de séparation entre argent et politique. Cette volonté affichée de combattre la corruption reste un axe majeur de la politique du président Tebboune.
Les enjeux géopolitiques abordés
Le président a également évoqué des questions de politique étrangère, notamment le soutien continu de l’Algérie aux causes palestinienne et sahraouie. Concernant le Sahara occidental, il a réaffirmé la position constante de l’Algérie en faveur de l’autodétermination, abordant également la connexion entre la France et le projet d’autonomie du Maroc.
Ce discours du président Tebboune devant le Parlement marque ainsi une étape importante dans la définition des orientations politiques, économiques et diplomatiques de l’Algérie pour les années à venir.

