L’Algérie s’affirme comme un partenaire stratégique majeur pour l’Italie dans le domaine énergétique, couvrant actuellement 39% des besoins en gaz de Rome. La récente visite d’Antonio Tajani, ministre italien des Affaires étrangères, à Alger illustre la volonté des deux pays de renforcer leur coopération, notamment dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures.
Un partenariat énergétique en pleine expansion
La coopération énergétique entre l’Algérie et l’Italie s’est considérablement renforcée depuis le début de la crise ukrainienne en 2022. Le gazoduc Transmed, reliant les deux pays, constitue l’épine dorsale de cette collaboration, tandis qu’un second gazoduc, le Galsi, est actuellement en projet.
Les deux nations collaborent également sur le projet novateur SoutH2 Corridor, un mégaprojet d’hydrogène vert impliquant aussi l’Allemagne et l’Autriche, démontrant leur engagement commun dans la transition énergétique.
Une diversification économique prometteuse
Au-delà du secteur énergétique, l’Italie et l’Algérie développent leur coopération dans différents domaines économiques. Le groupe italien BF a récemment lancé un projet céréalier d’envergure à Timimoun, représentant un investissement de plus de 400 millions de dollars sur 36 000 hectares.
L’ouverture d’une usine FIAT à Oran fin 2023 témoigne également de la diversification réussie des investissements italiens en Algérie. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre du Plan Mattei, stratégie italienne visant à renforcer les partenariats avec l’Afrique du Nord.
Une relation diplomatique privilégiée
Les échanges diplomatiques entre les deux pays se sont intensifiés ces dernières années, comme en témoigne la multiplication des visites de haut niveau. Le ministre Tajani a notamment été reçu par le président Abdelmadjid Tebboune lors de sa récente visite, soulignant l’importance stratégique de cette relation bilatérale.
En 2024, les échanges commerciaux ont atteint 9,95 milliards d’euros d’importations italiennes depuis l’Algérie, dont 85,3% concernent le gaz naturel, tandis que les exportations italiennes vers l’Algérie s’élèvent à 2,57 milliards d’euros.
Perspectives d’avenir
Les deux pays ambitionnent d’étendre leur collaboration au-delà du secteur énergétique. L’Italie, qui exporte principalement des machines vers l’Algérie, cherche à diversifier ses exportations et à renforcer sa présence économique dans le pays. Cette volonté s’inscrit dans une stratégie plus large visant à développer des partenariats durables en Méditerranée.

