Dans le contexte des tensions diplomatiques actuelles entre la France et l’Algérie, le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau propose une réduction drastique des visas Schengen pour les ressortissants algériens. Cette mesure, présentée comme un moyen de pression diplomatique, soulève de nombreuses questions quant à sa faisabilité et son efficacité réelle.
Une stratégie diplomatique contestée au sein même du gouvernement français
La proposition de restriction des visas s’inscrit dans un ensemble de mesures envisagées par Bruno Retailleau, incluant notamment la remise en cause de l’accord franco-algérien de 1968. Cette position se heurte déjà à des oppositions au sein même du gouvernement français, notamment de la part du ministre des Affaires étrangères.
Face à l’augmentation des contrôles et des prix des visas Schengen, la situation devient plus complexe pour les demandeurs.
L’importance cruciale du soutien européen
Selon un diplomate français de haut rang cité par Euractiv, une action unilatérale de la France concernant les visas Schengen serait inefficace. En effet, sans le soutien de l’Union européenne, les demandeurs pourraient simplement se tourner vers d’autres ambassades des pays membres de l’espace Schengen.
Cette situation rappelle le scandale récent des faux rendez-vous qui a nécessité une intervention de BLS Algérie.
Les leçons tirées des expériences précédentes
L’expérience de 2021, où la France avait réduit de moitié les approbations de visas pour les ressortissants algériens, marocains et tunisiens, s’est soldée par un échec selon la Cour des comptes française. Cette mesure n’a fait que détériorer les relations diplomatiques sans atteindre les objectifs fixés.
Pendant ce temps, certains pays de l’espace Schengen prévoient d’augmenter leurs quotas de visas de travail pour 2025.
La position des autres pays européens
Des pays comme l’Italie et l’Allemagne, qui maintiennent de bonnes relations avec l’Algérie, semblent peu enclins à suivre la position française. Cette situation illustre la complexité d’une approche unilatérale dans l’espace Schengen.

