Une affaire de trafic de drogue d’envergure, connue sous le nom de l’affaire du « Pablo Escobar du Sahara », révèle l’implication de militaires marocains dans l’acheminement de stupéfiants vers l’Algérie. Les auditions menées par la chambre criminelle de Casablanca ont mis en lumière un système bien rodé impliquant des membres des forces armées marocaines qui facilitaient le passage de la drogue à la frontière algérienne.
Un réseau de trafic sophistiqué démantelé
L’enquête a permis de révéler qu’environ 200 tonnes de résine de cannabis auraient été acheminées vers l’Algérie. Le trafic, qui se poursuivait encore en octobre 2023, a été découvert grâce aux investigations de la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ).
Mode opératoire et complicités militaires
Les audiences ont révélé un système sophistiqué où des militaires en poste aux frontières jouaient un rôle crucial. Un accusé, identifié comme A.B., aurait intégré le réseau grâce à un soldat à la retraite qui lui a fourni les contacts de militaires en service actif.
Le processus impliquait notamment le détournement de caméras de surveillance par des militaires complices, rémunérés à hauteur de 36 000 dirhams (environ 3500 euros) par ballot. Les passeurs, souvent des agriculteurs locaux, percevaient 10 000 dirhams (près de 960 euros) pour leur participation.
Impact sur la sécurité régionale
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre le trafic de stupéfiants dans la région. En témoignent les récentes opérations des forces de sécurité algériennes, comme le démantèlement d’un réseau à Béjaïa ou encore la saisie de 9 kg de cannabis à Bachar.
Enquête en cours et futures révélations
Les investigations se poursuivent actuellement devant la chambre criminelle de Casablanca. L’ancien député Abdenbi Bioui, considéré comme le véritable dirigeant du réseau pendant deux décennies, fait partie des personnalités importantes arrêtées dans cette affaire.

