Algérie | Une affaire immobilière datant de 2011 refait surface, jetant une ombre sur la réputation de l’ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt. Cette révélation intervient dans un contexte où Driencourt, récemment retraité, multiplie les déclarations critiques envers l’Algérie depuis la publication de son livre « L’énigme algérienne » en 2022.
Au cœur de cette controverse se trouve la vente d’un bien immobilier prestigieux appartenant à l’État français. En 2011, alors qu’il était en poste à Alger, Driencourt a orchestré la cession d’un terrain de 10 517 m² situé à El Biar, comprenant une magnifique villa mauresque. Ce bien, propriété de la France depuis 1936, a été vendu pour la somme de 500 millions de dinars, soit environ 4,87 millions d’euros.
Ce qui interpelle dans cette transaction, c’est l’écart flagrant entre le prix de vente et l’estimation des services des domaines. Alors que ces derniers évaluaient le bien à 230 000 DA/m², il a été cédé pour seulement 47 545 DA/m². Plus troublant encore, l’acquéreur n’était autre que Réda Kouninef, un homme d’affaires influent proche du cercle présidentiel de l’époque, aujourd’hui incarcéré pour corruption.
La sous-évaluation de cette vente devient d’autant plus évidente lorsqu’on la compare à une transaction similaire effectuée trois ans plus tard. En 2014, le successeur de Driencourt a vendu un terrain avoisinant, de moitié moins grand, pour 1,21 milliard de dinars, soit plus du double du prix obtenu pour le bien cédé par Driencourt.
Des sources au sein de l’administration foncière soulèvent des questions quant à la destination réelle des fonds générés par cette vente. Certains suggèrent qu’une partie importante de l’argent aurait pu être versée à l’étranger, échappant ainsi au contrôle des autorités algériennes et françaises.
L’affaire prend une dimension politique supplémentaire avec l’intervention présumée d’Abdelmalek Sellal, alors Premier ministre, sollicité pour lever le droit de préemption de l’État algérien sur le bien.
Cette révélation met en lumière les liens complexes qui pouvaient exister entre les milieux diplomatiques et les cercles d’affaires durant la période Bouteflika. Elle soulève également des questions cruciales sur la gestion des biens de l’État français à l’étranger et sur l’intégrité de certaines pratiques diplomatiques.
Face à ces éléments troublants, les autorités algériennes et françaises sont appelées à faire toute la lumière sur cette transaction qui aurait potentiellement causé un préjudice financier aux deux États. L’affaire Driencourt rappelle l’importance de la transparence dans les relations diplomatiques et économiques entre la France et l’Algérie, et souligne la nécessité d’une vigilance accrue dans la gestion du patrimoine public à l’étranger.

