Un dossier judiciaire révèle comment un ancien terroriste et son épouse ont mis en place un système sophistiqué de collecte de fonds à Alger, en exploitant notamment des factures d’électricité et de gaz. Le couple, dont le principal suspect est connu sous le nom d' »Abou Mosaab Abdelouadou », a réussi à détourner des fonds destinés initialement à aider les familles de détenus pour financer des activités liées à Daesh.
Un système de collecte de fonds sous couvert d’aide aux familles
L’enquête menée par les services de police judiciaire d’Alger a permis de mettre au jour les activités du suspect principal, « Z.Mohamed », âgé d’environ 30 ans et résidant à Baraki. Celui-ci, avec la complicité de son épouse, collectait des dons auprès des habitants du quartier, prétextant venir en aide aux familles de détenus, notamment celle de son beau-père incarcéré pour terrorisme.
Le couple utilisait des factures d’électricité et de gaz comme prétexte pour approcher les habitants et collecter des sommes d’argent variables. Une partie de ces fonds, environ 40 000 dinars, a été utilisée pour faciliter le départ d’un certain « Kh. Oussama » vers la Syrie pour rejoindre Daesh.
Des liens étroits avec les réseaux terroristes
Les investigations ont révélé que le suspect principal était en contact régulier avec « J.Kamel », alias « Abou Mosaab Al-Gharib », actuellement membre de Daesh en Syrie. Cette relation, développée après la sortie de prison de ce dernier en 2011, s’est progressivement transformée en collaboration active pour le recrutement de nouveaux membres.
Via l’application Telegram, le suspect maintenait des communications régulières avec plusieurs membres actifs de l’organisation terroriste, notamment « Moukas Fares » alias « Abou Dejana Al-Battar », responsable de la coordination des nouveaux éléments.
Un réseau de recrutement bien organisé
Le suspect a facilité le recrutement de plusieurs jeunes de la région de Baraki et Les Eucalyptus. Parmi eux, deux individus ont réussi à quitter le territoire national via l’aéroport Houari Boumediene pour rejoindre la Syrie, malgré une première tentative infructueuse.
Les enquêteurs ont également découvert que le réseau s’étendait jusqu’à El Harrach, où le suspect était chargé d’aider financièrement des couples souhaitant rejoindre l’organisation terroriste, avec des demandes de financement pouvant atteindre 150 000 dinars.
Pour plus d’informations sur la lutte contre le financement du terrorisme en Algérie, consultez l’adoption des principes d’Alger par l’ONU et les dernières mesures gouvernementales prises dans ce domaine.

