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Cinq ans de prison requis contre trois individus accusés d’avoir escroqué l’épouse d’un ancien ministre.

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Un procès s’est ouvert aujourd’hui au tribunal de Cheraga concernant une affaire d’escroquerie impliquant trois individus accusés d’avoir tenté d’extorquer de l’argent à l’épouse d’un ancien ministre algérien incarcéré. Le procureur a requis une peine de 5 ans de prison ferme contre les prévenus pour tentative d’escroquerie et usurpation d’identité.

Les détails de l’affaire d’escroquerie

Selon les éléments présentés lors de l’audience, les trois accusés, dont deux sont actuellement en détention provisoire et le troisième en fuite, auraient contacté l’épouse de l’ancien ministre des Ressources en eau Arezki Berraki, actuellement emprisonné dans une affaire de corruption. Se faisant passer pour des agents des services de sécurité ayant des relations haut placées, ils lui auraient proposé d’aider à faire libérer son mari moyennant le versement de 8 milliards de centimes (environ 500 000 euros).

L’affaire a débuté le 5 septembre 2024, lorsque les services de sécurité ont reçu un signalement concernant des tentatives d’escroquerie menées par un individu prétendant avoir des relations influentes au sein de l’État. Ce dernier aurait contacté la victime, l’épouse de l’ancien ministre, en se présentant comme un agent de la sécurité militaire capable d’aider à la libération de son mari.

Le déroulement de la tentative d’escroquerie

D’après les déclarations de la victime, elle aurait été mise en contact avec un prétendu avocat expérimenté dans ce type d’affaires. Une rencontre a été organisée près d’un centre commercial à Cheraga, où l’un des accusés s’est présenté comme un agent de la sécurité militaire. Il l’aurait ensuite conduite dans un bureau d’avocat, où on lui a parlé d’un certain « Hadj Iskander », supposément influent et capable de faire sortir son mari de prison contre le paiement de 8 milliards de centimes.

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La victime ayant refusé cette proposition, affirmant ne pas disposer d’une telle somme, les accusés auraient insisté en la contactant à plusieurs reprises. Finalement, comprenant qu’il s’agissait d’une tentative d’escroquerie exploitant la situation de son mari incarcéré, elle a décidé de couper les ponts et d’alerter les autorités.

Les réquisitions du procureur

Lors de l’audience, le procureur a requis une peine de 5 ans de prison ferme à l’encontre des trois accusés. Il a souligné la gravité des faits, notamment l’usurpation d’identité d’agents de l’État et la tentative d’extorsion de fonds en profitant de la vulnérabilité d’une famille dont un membre est emprisonné.

L’avocat de la victime a pour sa part demandé la requalification des faits en « tentative d’escroquerie », arguant que même si aucune somme n’avait été versée, l’intention criminelle était clairement établie. Il a également réclamé des dommages et intérêts à hauteur de 200 millions de centimes pour préjudice moral.

La défense des accusés

Les avocats des accusés ont plaidé pour une relaxe, affirmant que leurs clients étaient eux-mêmes victimes du troisième homme en fuite, qui aurait orchestré toute l’affaire en utilisant leurs noms. Ils ont notamment mis en avant l’absence de preuves matérielles d’une quelconque somme d’argent ayant été échangée.

Le verdict dans cette affaire, qui a suscité un vif intérêt médiatique en Algérie, sera rendu le 26 janvier prochain. Cette affaire rappelle d’autres cas récents d’escroquerie ayant défrayé la chronique dans le pays, comme celle d’une femme se faisant passer pour une policière à l’aéroport d’Alger pour escroquer des voyageurs.

Un phénomène préoccupant en Algérie

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre la criminalité financière et l’escroquerie en Algérie. Récemment, les autorités ont démantelé plusieurs réseaux criminels spécialisés dans ce type d’activités, comme un réseau opérant sur les réseaux sociaux à Sétif. Les forces de l’ordre restent vigilantes face à ces pratiques qui touchent de nombreux citoyens, y compris des personnalités publiques et leurs proches.

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Par ailleurs, les autorités algériennes multiplient les efforts pour sécuriser les transactions financières, notamment via les applications mobiles comme Baridi Mob. Le directeur général d’Algérie Poste s’est d’ailleurs récemment exprimé sur les mesures prises pour améliorer la fiabilité de ces services, essentiels dans la lutte contre la fraude financière.

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