Le ministère du Commerce algérien a annoncé des mesures strictes à l’encontre des importateurs ne respectant pas la réglementation en vigueur. Ces sanctions visent notamment le retrait des certificats de conformité pour les opérateurs économiques n’ayant pas déclaré leurs stocks et ventes du premier semestre 2024, à l’exception de certains produits de première nécessité.
Des sanctions sévères pour les importateurs en infraction
Dans une note adressée aux directeurs régionaux du commerce, le ministère a ordonné le retrait des certificats de conformité pour les importateurs n’ayant pas déposé leurs états de ventes et de stocks pour le premier semestre 2024. Cette mesure concerne les opérateurs économiques actifs dans le domaine de l’importation pour la revente en l’état, à l’exception de certains produits essentiels comme la banane, le café, les viandes, le lait infantile, la levure, les fruits secs et les épices.
Cette décision fait suite au non-respect par certains importateurs du décret exécutif n° 458-05 du 30 novembre 2005, qui définit les modalités d’exercice des activités d’importation de matières premières, produits et marchandises destinés à la revente en l’état. Le ministère vise ainsi à renforcer le contrôle sur les pratiques commerciales et à assurer une meilleure transparence du marché.
Des restrictions sur l’obtention de nouveaux certificats
Les importateurs sanctionnés se verront interdire l’obtention d’un nouveau certificat via la plateforme en ligne avant l’expiration de la durée restante de leur certificat initial. Cette mesure vise à dissuader les pratiques frauduleuses et à encourager le respect des obligations légales par les opérateurs économiques.
Par ailleurs, le ministère a également exigé que les directeurs régionaux n’accordent, ne renouvellent ou ne modifient les certificats de conformité qu’aux opérateurs disposant d’entrepôts ou d’espaces de stockage dans la wilaya où ils sont immatriculés au registre du commerce. Cette disposition vise à renforcer le contrôle local sur les stocks et les activités des importateurs.
Un impact sur le marché des devises et l’importation de véhicules
Ces mesures s’inscrivent dans un contexte plus large de régulation du commerce extérieur en Algérie. Elles pourraient avoir des répercussions sur le marché noir des devises, où l’euro et le dollar connaissent déjà une dépréciation face au dinar algérien.
Dans le secteur automobile, le gouvernement a récemment assoupli les restrictions sur l’importation de véhicules de moins de 3 ans, tout en resserrant les règles pour l’importation de véhicules d’occasion. Ces changements témoignent d’une volonté de réguler plus étroitement les flux commerciaux tout en répondant aux besoins du marché intérieur.
Des conséquences pour les importateurs et le marché local
Les sanctions sévères annoncées par le ministère du Commerce auront probablement un impact significatif sur les pratiques des importateurs. Ceux qui ne respectent pas les règles de déclaration de stocks et de ventes risquent de voir leur activité fortement perturbée par le retrait de leur certificat de conformité.
Cette mesure pourrait également affecter la valeur des devises sur le marché parallèle, où l’on observe déjà une diminution significative de la valeur de l’euro. Les importateurs devront s’adapter rapidement pour éviter les sanctions liées au stockage de marchandises hors de leur région d’enregistrement.
En fin de compte, ces mesures visent à assurer une meilleure traçabilité des produits importés et à lutter contre les pratiques commerciales illégales. Elles s’inscrivent dans une stratégie plus large du gouvernement algérien visant à réguler le commerce extérieur et à protéger l’économie nationale.

