11.6 C
Alger
| Météo en direct >>

La justice française classe sans suite la plainte de l’Algérie contre Sarah Knafo

Nous suivre
1,125FansJ'aime

France | La récente décision du parquet de Paris concernant la plainte déposée par l’Algérie contre Sarah Knafo, eurodéputée du parti Reconquête !, a mis fin à une controverse diplomatique. Le jeudi 3 octobre, la justice française a classé sans suite cette plainte, qui faisait suite aux déclarations contestées de Knafo sur l’aide publique française accordée à l’Algérie.

L’origine de la controverse

L’affaire a débuté le 20 septembre lorsque Sarah Knafo, s’exprimant sur la radio RMC, a évoqué le montant de l’aide publique au développement que la France accorderait à l’Algérie. Elle a affirmé que ce soutien financier s’élevait à 800 millions d’euros par an, une déclaration qui a immédiatement suscité l’ire des autorités algériennes.

En réalité, ce montant correspond à une somme totale répartie sur cinq ans, soit environ 800 millions d’euros entre 2017 et 2022, et non pas annuellement comme l’avait soutenu Knafo. Cette interprétation erronée des chiffres a conduit l’Algérie à porter plainte pour « diffusion de fake news », estimant que ces propos constituaient une désinformation de l’opinion publique.

La décision du parquet de Paris

Après examen de la plainte, le parquet de Paris a décidé de la classer sans suite. Dans son communiqué, il explique : « Il s’agit donc davantage d’une information insuffisamment vérifiée et plutôt imprécise, que délibérément mensongère ». Cette décision repose sur l’absence de preuves suffisantes pour établir que les déclarations de Sarah Knafo constituaient une fausse information intentionnelle.

Le parquet a souligné que pour qu’une plainte pour diffusion de fake news soit recevable, deux critères doivent être prouvés : la nature mensongère de l’information et son impact potentiel sur l’ordre public. Dans ce cas, ces éléments n’ont pas pu être établis.

Lire aussi  Entreprises algériennes : nouvelle obligation de déclarer les bénéficiaires effectifs avant le 30 novembre 2024

Les implications de la décision

Le parquet a conclu que les déclarations de Knafo résultaient d’un manque de rigueur plutôt que d’une intention malveillante. Il a précisé que « la mauvaise foi n’est pas présumée comme en matière de diffamation, et ne peut pas être retenue même quand l’information a été insuffisamment vérifiée ».

De plus, concernant l’impact sur l’ordre public, il a été jugé que les propos n’avaient pas provoqué de troubles notables dans la société française. Le parquet a estimé que ces déclarations, « diffusées dans le cadre d’un débat public sur l’aide au développement de pays étrangers au regard du déficit budgétaire national alors que la Loi de finances va être prochainement examinée », n’avaient « manifestement » pas provoqué « de désordre, de panique, d’émotion collective et de désarroi ».

Cette décision met fin à un épisode diplomatique tendu entre la France et l’Algérie, tout en soulevant des questions sur la responsabilité des personnalités publiques dans la diffusion d’informations précises et vérifiées.

Nous suivre
1,125FansJ'aime

Populaire

Même catégorie

A découvrir