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« Le Maroc suit l’Algérie : Quelles conséquences sur l’agriculture nationale suite à la diminution des importations de blé français ? Décryptage. »

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Le marché du blé français connaît actuellement des difficultés majeures à l’export, particulièrement vers le Maghreb. Après l’Algérie, c’est au tour du Maroc de réduire significativement ses importations de blé français, privilégiant désormais d’autres fournisseurs comme la Russie. Cette situation s’explique par une conjugaison de facteurs, notamment des prix moins compétitifs et une production française en baisse.

Une baisse drastique des exportations françaises vers le Maghreb

Les exportations françaises de blé vers le Maroc ont chuté de plus de 50% sur la période récente. Les volumes expédiés sont passés de 2,8 millions de tonnes à seulement 1,5 million de tonnes cette année. Cette diminution significative intervient malgré la signature en avril 2024 de huit accords agricoles entre la France et le Maroc, dont un spécifiquement dédié aux céréales.

La situation rappelle celle observée avec l’Algérie, où les importations de blé français ont également connu une forte baisse. Sur la campagne actuelle 2024/2025, la France n’a réalisé qu’une seule expédition vers l’Algérie.

Les raisons d’un désamour croissant

Plusieurs facteurs expliquent ce recul des importations de blé français. Le prix constitue un élément déterminant : le blé russe s’affiche à 234 dollars la tonne contre 247 dollars pour le blé français. Le blé ukrainien est encore plus compétitif à 228 dollars la tonne.

La production française fait également face à des difficultés structurelles. Avec des exploitations d’une surface moyenne de 70 hectares, contre 1.000 en Ukraine, la filière française peine à maintenir des coûts de production compétitifs.

Impact sur la filière céréalière française

Les conséquences pour les producteurs français sont significatives. FranceAgriMer a revu ses prévisions d’exportations à la baisse, tablant désormais sur 3,5 millions de tonnes contre 10 millions lors de la campagne précédente. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la rareté du blé français n’a pas entraîné de hausse des prix, en raison notamment des bonnes récoltes russes.

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La filière française, qui était historiquement un fournisseur majeur pour le Maghreb, voit sa position s’éroder face à une concurrence internationale de plus en plus marquée. Cette évolution pourrait avoir des répercussions durables sur le commerce céréalier en Méditerranée.

Perspectives pour le marché céréalier

Les autorités françaises espèrent une évolution positive de la demande marocaine durant la campagne en cours, compte tenu des besoins importants du pays. Le Maroc, touché par une sixième année consécutive de sécheresse, doit en effet importer environ 10 millions de tonnes de blé pour satisfaire sa demande intérieure.

Cependant, la concurrence reste vive sur ce marché stratégique, avec une présence accrue des céréales russes et ukrainiennes. Cette nouvelle donne pourrait durablement modifier les équilibres commerciaux traditionnels dans la région.

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